Qu’appelle-t-on art naïf ?

L'art naïf

Le terme de « naïf » a été employé la première fois pour qualifier les œuvres du Douanier Rousseau (1844-1910), qui se fit connaître avec éclat lors de la fondation du Salon des Artistes indépendants en 1885. A l’époque, plusieurs artistes, tels les Impressionnistes, s’opposaient à l’académisme régnant : un contexte artistique favorisant la recherche de l’originalité.

Les artistes naïfs existent depuis que l’homme dessine, peint, grave et sculpte. Leurs premières oeuvres datent de l’ère préhistorique. Beaucoup nous sont parvenues, en particulier celles relatives à l’art rupestre.

On utilise aussi le terme « primitif » pour désigner un artiste naïf, en référence aux artistes primitifs italiens du XIIIème et XIVème siècles antérieurs à l’invention de la perspective, ainsi qu’aux primitifs flamands.
Depuis le XXème siècle, on parle de primitif moderne.

A l’ombre de la grande peinture et des artistes reconnus jusqu’au XIXème siècle, existait en Europe une création de peinture naïve d’avant l’art naïf, souvent l’oeuvre d’anonymes, dont on retrouve des tableaux dans des musées provinciaux. Cette peinture naïve concerne le portrait, le paysage, les vues urbaines et les scènes de genre.>

L’art naïf suscite, dans un premier temps, le mépris. Il n’est ni conforme aux préceptes de l’Académie, ni adepte des recherches abstraites du début du vingtième siècle. Néanmoins, les désavantages de l’industrialisation, ainsi que la fin de la première guerre mondiale, et la prise en conscience de la valeur humaine, apportent un changement dans l’attitude générale des artistes et des critiques, à l’égard de la peinture représentative.

Ainsi s’organise, en 1928, la première exposition d’art naïf, par Wilhelm Uhde, à Paris. Elle réunit les œuvres de cinq peintres dits  » du Cœur Sacré  » : Le Douanier Rousseau, Louis Vivin, Séraphine de Senlis, André Bauchant et Camille Bombois. A la même époque, le mouvement naïf prend également une ampleur internationale surtout aux Etats-Unis, en ex-Yougoslavie et à Haïti. Depuis les débuts du siècle dernier, cet art ne cesse de s’étendre à travers le monde, et suscite un vif intérêt.

Quelques techniques d’art chez les naïfs

Les artistes naïfs ont recours à des techniques, supports et matériaux variés, souvent inusités ou modestes, et parfois combinés de manières insolites qui montrent leur ingéniosité.
Dans la collection du Musée d’art naïf de Vicq sont représentés :

Supports  :

L’aggloméré, les assiettes, le bois, le carton, l’isorel, le papier, la soie, le tissu, la toile ou la toile cartonnée et le vélin

Figure de carnaval

Figure de carnaval

Luiz-Carlos Figueiredo, Brésil, figure de carnaval, sculpture en papier mâché, 119x113x78 cm, 1980.

« pourquoi pas la neige au paradis »

« pourquoi pas la neige au paradis »

Ljerka Depolo, Croatie, « pourquoi pas la neige au paradis », fixé sous-verre, 38x55cm

l’orchestre

l’orchestre

Kresimir Pasanovic, Serbie, l’orchestre, sculpture bois, 1985, 39x30x17 cm.

Techniques et matériaux :

Techniques  et matériaux :
•L’acrylique
•L’aquarelle et la gouache
•Le bas relief en bois ou en bois peint
•La broderie et les tissus cousus ou peints
•Le collage
•Le cuivre repoussé
•Le daim collé sur bois
•Le dessin au crayon, au crayon couleur, à l’encre, au feutre, au fusain, au pastel, au stylo
•Le fixé sous verre
•La peinture à l’huile
•La lithographie et la lithographie aquarellée
•La marqueterie
•La reprographie
•La sculpture en cuivre martelé, en bouleau, en fer, en métal, en papier, en pierre, en terre cuite, en papier mâché, sur bois, sur bois peint, en terre, en fer, en plâtre
•La terre cuite peinte et vernie

Référence :

MIDAN – Musée d’art naïf de Vicq en Ile-de-France - www.museevicq.fr

Critériologie de l’art naïf

Critériologie de l’art naïf

« On comprend mieux, dès lors, l’aspiration générale à la bouffée d’air pur, au retour aux sources, pour échapper à l’asphyxie de la redite, de la banalité ou de la cérébralisation desséchante, trop fréquentes de nos jours. On s’explique mieux aussi une certaine nostalgie du bon vieux figuratif de jadis, de l’intérêt grandissant pour ce qui était considéré jusqu’ici comme le parent pauvre, mais qu’une indéniable originalité et personnalité révèle actuellement de plus en plus comme un art authentique : l’Art Naïf. »

« Qu’il soit charmé, amusé, interrogatif, inquiet, curieux ou autre- paraît être le premier réflexe visuel du spectateur. Devant cet art si souvent désarmant de bonhomie, de candeur d’âme, de simplicité ingénue ou ingénieuse, de drôlerie ou de sentimentalisme attendrissant, on est avant tout étonné. »